Ils nous ont quittés

Patrick Brun - décédé le mardi 21 novembre 2017

 

Dr. en Sciences de l’éducation. Chercheur-formateur, allié central des programmes Quart Monde-Université et Quart Monde-Partenaire. Compagnon de route d’ASIHVIF.

Depuis son DEA à Tours en 1992 "Production de savoir et histoire de vie dans le mouvement ATD-Quart-monde", Patrick Brun a été un précieux compagnon de route de l’ASIHVIF. Il a accompagné la construction historique de nombreuses personnes dans la dynamique du DUHIVIF (DU histoires de vie en formation) de l’Université de Nantes, du CAS recueilleuses et recueilleurs de récit de vie de Fribourg et de fructueuses rencontres interpersonnelles. Avec entre autres Odile Descamps et Agnès Le Grix de la Salle, il a fondé au début des années 2000, l’association Traces D’Avenir. « Elle s’inscrit dans le courant des histoires de vie en formation…Qu’il s’agisse d’éclairer l’avenir, de valoriser une expérience ou de léguer un récit, l’histoire de vie propose une démarche de construction de sens » (https://tracesdavenir.wordpress.com/). En France, mais aussi au Moyen-Orient, en Afrique et au Québec, il aura consacré une partie de sa vie aux côtés des personnes vivant la précarité, œuvrant sans répit pour la reconnaissance des savoirs de l’expérience acquis au cours des épreuves vécues dans les situations de pauvreté et de vulnérabilité.

En chercheur sensible et proche des terrains et des vies, son premier ouvrage intitulé « Emancipation et connaissance. Les histoires de vie en collectivité » cherche à « tisser des liens entre les pratiques biographiques du mouvement ATD Quart Monde et les travaux menés dans le champ universitaire sur la pragmatique du récit et les interactions narratives ». Il a accompagné/contribué/participé ensuite à différentes recherches-actions, conduisant à faire connaître et reconnaître les savoirs expérientiels et biographiques des personnes du réseau. Son ouvrage de 2014 est un chef d’œuvre du genre : À la rencontre des milieux de pauvreté. De la relation personnelle à l’action collective (Chronique sociale, 2014). Il a été écrit avec 12 membres actifs d’ATD Quart Monde et synthétise plus de 10 ans de recherche-action-formation.

Son dernier ouvrage écrit avec l’association Démocratie et Spiritualité peut être considéré comme son testament : Démocratie et Spiritualité en questions, pour un vivre ensemble porteur de sens (2016). Sa mort coïncide avec la naissance d’un ouvrage qui lui doit beaucoup de sa gestation et pour lequel il a écrit une postface: Traces de migrations interculturelles : Kabylie- Haucourt-Saint-Charles-Gambie (2017). Son auteur, Hassane Hacini, lui dédicace. Relier ainsi sa mort à la naissance d’un ouvrage sur les migrations la fait ressortir comme une des traces d’avenir qu’il a passionnément cherchée et laissée. Dans cette dynamique de construction d’histoire de vie, un autre de ses amis accompagnés, Michel Rival, relie cette mort à une percée de Kalhil Gibran ; « vous voudriez percer le secret de la mort, mais comment y parvenir sans aller le chercher au cœur de la vie ? »

C’est cette piste que nous trace l’histoire de vie de Patrick. Merci à lui de son existence.

Quelques références :

Brun Patrick, 2001, Émancipation et connaissance. Les histoires de vie en collectivité, Paris, L’Harmattan

Patrick Brun et 12 membres actifs d’ATD Quart Monde, 2014, À la rencontre des milieux de pauvreté. De la relation personnelle à l’action collective, Lyon, Chronique Sociale

Patrick Brun 2016, Démocratie et Spiritualité en questions, pour un vivre ensemble porteur de sens, http://www.democratieetspiritualite.org/2017/05/01/democratie-et-spiritualite-le-livre/

Le croisement des savoirs. Quand le quart monde et l’université pensent ensemble, Éd. Quart Monde/Éditions de l’Atelier, Coll. Des livres contre la misère, 1999.

Le croisement des pratiques. Quand le Quart Monde et les professionnels se forment ensemble, Ed. Quart Monde, 2002.

Le croisement des pouvoirs. Croiser les savoirs et formation, recherche, action. Ed. Quart Monde, 2002.

Jean-Marc Pilon 1952-2016

 

Jean-Philippe Gauthier, Professeur en psychosociologie et directeur du module de psychosociologie, Département de psychosociologie et travail social, Université du Québec à Rimouski, Campus de Rimouski :

Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès subit de notre collègue et ami, Jean-Marc Pilon, qui est décédé le 29 août dernier.

Jean-Marc Pilon, en plus d’être professeur retraité de l’UQAR, a été un acteur de premier plan dans la création des programmes de premier cycle en psychosociologie ainsi que dans la mise sur pied de la maîtrise en étude des pratiques psychosociales de l’UQAR. Parmi ses nombreux engagements, on note qu’il est, avec Mme Danielle Desmarais, le fondateur du Réseau Québécois pour la pratique des Histoires de vie. Depuis les neuf dernières années, il était engagé comme consultant pour accompagner la démarche de concertation COSMOSS au Bas-Saint-Laurent, ce qui a permis de créer une communauté de pratique entre les agents de concertation et l’implantation d’une culture évaluative auprès de l’ensemble des organisations œuvrant auprès des jeunes de la région. Son œuvre professionnelle et humaine a été vouée à valoriser les savoirs d’action et d’expérience, faire émerger l’intelligence des groupes et des communautés et à enseigner avec une délicatesse et une finesse que tous reconnaissaient en lui comme exemplaires. Il était un grand humaniste.

Son départ trop rapide nous laisse sans voix et les cœurs en berne. La tristesse est immense chez sa famille, ses amis et collègues de partout au Québec et ailleurs. Toutefois, la vibrance de son œuvre résonne en nous comme un grand héritage que nous sommes tous privilégiés de pouvoir faire vivre encore très longtemps. Les membres du RQPHV lui seront éternellement reconnaissants pour sa grande contribution.

 

Des livres de Jean-Marc Pilon

Jacques Ardoino 1927-2015

 

 Hommage à Jacques Ardoino

Jacques Ardoino l’un des fondateurs des sciences de l’éducation, ouverte à la vie et à sa complexité, est décédé le 20 janvier 2015. Christian  Verrier et Jean-Louis Legrand lui rendent hommage.

 [Document tiré du site LE JOURNAL DES JEUNES CHERCHEURS : l’entretien de Jacques Ardoino réalisé par Christian Verrier et René Barbier à l’ESCP-EAP.]

ISABEL LÓPEZ GÓRRIZ, décédée le le 18 janvier 2009

 

Isabel débuta à l’université de Séville de manière tardive. Antérieurement à l’université, l’une de ses étapes professionnelles la mena à occuper la place de maîtresse des écoles primaires et d’éducatrice d’adultes espagnols qui avaient émigré en France. Dès ses débuts professionnels, elle se sentit très proche de la pédagogie Freinet. Il est indubitable que les techniques Freinet s’alliaient à merveille avec sa personnalité communicative, dynamique, innovatrice et exigeante. Mais l’étape qui réellement détermina la consolidation définitive personnelle et professionnelle d’Isabel fut sa période française. Elle vécut à Paris sept années, donnant cours à des adultes espagnols émigrants. En même temps, elle suivait des cours de sciences de l’éducation à l’université de Paris 8. Elle découvrit dans l’ambiance iconoclaste, rebelle, critique et humaniste de Paris 8 les sources qui lui étaient nécessaires pour alimenter ses questionnements et donner une forme plus mature et scientifique à ses projets et à ses expériences. A Paris, durant les années 80, elle se forma auprès des professeurs René Barbier, Ruth Kohn, Rémi Hess, Michel Lobrot, Georges Lapassade, Guy Berger et Jacques Ardoino. Isabel s’immergea dans la culture francophone,...